Selon la 5ème étude européenne de Fellowes, spécialiste de l’ergonomie du poste de travail, un employé européen passe, en moyenne, 8 heures par jour devant un ordinateur.

    Plus de 8 Français sur 10 déclarent avoir souffert de maux associés à un poste de travail inadapté…

    Interview de Delphine Roca, responsable Marketing chez Fellowes France qui a participé à cette étude.

    Quels sont les principaux enseignements de votre étude ?

    Pour cette étude, nous avons interrogé près de 800 responsables des ressources humaines à travers l’Europe – dont plus de 200 en France. Parmi les principaux enseignements qui en ressortent, nous pouvons dire que, en moyenne; un employé européen passe 8 heures par jour devant un ordinateur. Plus de 8 Français sur 10 déclarent avoir souffert de maux associés à un poste de travail inadapté. Près de 60% des entreprises ont mis en place une politique de santé et bien-être au travail. Dans plus de 90% des entreprises, les collaborateurs trouvent des solutions ”maison” pour pallier les problèmes d’ergonomie.

    Pouvez-vous donner quelques exemples ?

    Des ramettes de papier pour re-hausser les écrans, les boîtes d’archives pour remplacer un repose-pied, un bout de scotch pour coller un papier au mur au lieu d’utiliser un porte-document dans la droite ligne entre le clavier et l’écran. C’est dire l’impact que peut avoir l’entreprise sur la santé et le bien-être de ses équipes, la nécessité de mieux adapter l’environnement de travail, ainsi que l’importance des RH et du management direct dans les prises de décisions.

    L’entreprise peut-elle avoir un impact sur la santé physique et mentale de ses salariés ?

    Si ce sentiment est plus largement répandu dans les grandes entreprises, c’est dans les structures moyennes que l’on est le plus optimiste sur la capacité à avoir une influence sur la santé de ses équipes. En effet, près de 60% des personnes interrogées déclarent qu’une stratégie de santé et bien-être est mise en œuvre dans leur structure, ce chiffre monte même à 65% dans les grandes entreprises de plus de 250 employés. Par ailleurs, 63% des entreprises ont mis en place des initiatives visant à améliorer la santé et le bien-être de ses salariés, le plus souvent dans de grandes organisations, avec un fort pourcentage d’employés sédentaires et lorsqu’une stratégie globale existe.

    Quels sont les moteurs de la prise en compte du bien-être au travail ?

    Pour 69% des personnes interrogées prendre en considération la santé et le bien-être de ses salariés est de plus en plus important. Dans 83% des cas, les politiques de santé et bien-être sont mises en place par le département des ressources humaines.

    Quels sont les facteurs qui viennent en tête pour influencer la mise en place de ces stratégies ?

    Rendre son entreprise plus attractive (68%). Améliorer le moral des équipes (59%). Être en adéquation avec la législation en vigueur (59%). Être reconnu comme une entreprise « où il fait bon travailler » (58%).

    La France est-elle en retard ?

    Oui, d’une certaine manière. 28% des organisations n’ont aucune connaissance des obligations légales et 50% n’en ont qu’une connaissance partielle. Comme d’habitude les pays scandinaves sont les plus avancés, suivent les Allemands et les Britanniques. Devant la France qui, elle-même, devance les pays latins.

    Quels sont les ajustements ergonomiques qu’il faut faire ?

    Les écrans sont mal placés pour 18%. Les souris et claviers sont en mauvaise position (16%). Les problèmes d’espaces pour les jambes comptent pour 11%. 29% déclarent souffrir de fatigue oculaire, 23% d’inconfort physique (douleurs, tensions…) et 11% ont de fréquents maux de tête.

    Qui, dans l’entreprise, se charge d’adapter l’environnement de travail ?

    Dans la plupart des cas, c’est au management direct qu’incombe la responsabilité d’assurer un environnement de travail adapté à ses équipes (44%), suivi de près par les ressources humaines (34%) .

    Quels sont les facteurs clés des changements opérés sur le poste de travail ?

    Ce sont les évaluations des risques (17%) et les employés eux-mêmes lorsque qu’ils font une demande (13%) ou soulèvent un problème (11%). L’audit des facteurs de risques se fait généralement en interne soit par les ressources humaines (37%) ou par le département RSE (36%). On ne fait appel que rarement à une source externe, ergonomiste ou médecin du travail, pour mener ces audits (10%) des cas.

    Le management est-il parfois pro-actif ?

    Rarement. A peine 25% des entreprises conduisent régulièrement des audits du poste de travail, dans 50% des cas c’est à la demande des employés. Nouvelles embauches ou changements de bureaux sont aussi des occasions propices à ces audits .

    L’ergonomie du poste de travail est-elle une idée qui, à présent, fait son chemin ?

    Oui. Durant ces 3 dernières années, les achats de matériel ergonomique ont progressé dans près de 50% des entreprises, en particulier les PME. Même si la France accuse encore un certain retard par rapport à d’autres pays européens .

    Quels sont les équipements les plus recherchés ?

    Les chaises et repose-pieds (36%), les repose-poignets (18%), les supports dorsaux 15%, le support pour écran 21% . Dans environ un quart des entreprises c’est au département RH qu’incombent les achats de matériels ergonomiques. Les services généraux sont également largement impliqués.

    Sources : info ExpoProtection – propos recueillis par Erick Haehnsen – 20-04-2015


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